Cette publication est la version longue de l’article paru dans le numéro de l’Astronomie de février 2020.

Lors du voyage aux États-Unis organisé par la Société astronomique de France (SAF) à l’occasion de l’éclipse solaire du 21 août 2017, une partie du groupe joua les prolongations en se rendant à San Francisco, où plusieurs visites furent organisées : à l’Ames Research Center (Nasa), au Seti Institute et à la Société astronomique du Pacifique (Astronomical society of the Pacific – ASP).

Le groupe fut reçu au siège de l’association (Ashton Avenue) par la directrice exécutive, Dr Linda Shore, accompagnée de plusieurs administrateurs, dont Cyrille Bétant, organisateur de cette rencontre. La visite des lieux accompagnée de nombreux commentaires permit au groupe français de mesurer la vitalité de cette association qui occupe aujourd’hui une place éminente parmi les associations d’astronomie aux États-Unis.

En retour, en juillet 2018, Dr Linda Shore, venue en France pour un congrès, a été reçue au siège de la SAF, consolidant ainsi des relations amicales entre nos deux associations.

L’ASP, une cousine lointaine de la SAF
Pourquoi cousine ? Parce que nos deux associations sont de la même génération, fondées presque en même temps et issues chacune de la volonté d’un père fondateur animé d’une même passion : la diffusion de l’astronomie.
C’est le 7 février 1889, après l’éclipse de Soleil du Nouvel An de cette année-là, qu’Edward S. Holden, premier directeur de l’observatoire Lick (Californie), décida, avec l’appui de son collègue l’astronome Charles Burckhalter, directeur de l’observatoire Chabot, de fonder une association afin de poursuivre la collaboration entre astronomes amateurs et professionnels qui s’était révélée très féconde lors de la récente éclipse. L’ASP était née. Dans l’enthousiasme, 40 personnes signèrent le document fondateur et parmi eux un premier directoire fut constitué avec Holden comme président, Burckhalter comme secrétaire et quatre autres personnalités. Dans ce document, qui fut très vite largement diffusé, il est précisé que « the new society is designed to be popular in the better sense of the word ». Les adhésions furent très nombreuses venant d’astronomes amateurs, de sympathisants pour l’astronomie, et aussi de personnalités influentes comme le directeur de la banque de Californie, ou Rosa O’Halloran, journaliste et première femme à adhérer. À la fin de l’année 1889, l’ASP comptait déjà 178 membres provenant de Californie, mais aussi d’autres États américains et même de l’étranger. Très vite les structures légales sont mises en place et l’on décide de se réunir régulièrement soit dans un local à San Francisco, soit à l’observatoire Lick.
Lorsque l’ASP est fondée, la SAF est une toute jeune association d’astronomie créée deux ans plus tôt par Camille Flammarion. La SAF comprenait alors près de 300 membres, et parmi eux des astronomes professionnels de renom, des astronomes amateurs et des personnalités de la société parisienne et d’ailleurs. Pour C. Flammarion le but de l’association qu’il a créée est de « réunir entre elles des personnes qui s’occupent pratiquement ou théoriquement d’astronomie ou qui s’intéressent au développement de cette science et à l’extension de son influence pour l’éclairement des esprits. »
Ainsi, pour les deux fondateurs, l’Américain et le Français, l’objectif est bien le même, exprimé par cette sentence de Camille Flammarion, toujours d’actualité : « Diffuser les sciences de l’Univers et faire participer le plus grand nombre à leur progrès ».

Edward Holden et Camille Flammarion se ressemblaient-ils ? Quels étaient leurs points communs ?
Edward Holden, né en 1846, fit des études pour devenir astronome et pendant plusieurs années il travailla et enseigna dans différentes institutions militaires (US Naval Observatory et West Point). Quand il fut nommé directeur de l’Observatoire Lick, en 1888, il renonça à l’enseignement pour se consacrer à l’observation astronomique et, aussi, à partir de 1889, à la bonne marche de l’ ASP. Si sa carrière comme « découvreur » fut modeste, il fut surtout un grand vulgarisateur de l’astronomie. Il a écrit de nombreux ouvrages qui s’adressent aux adultes, mais aussi aux étudiants et même aux jeunes enfants.
Camile Flammarion est né en 1842. Après des études inachevées pour des raisons financières, il travailla quelques années à l’Observatoire de Paris comme élève astronome, mais très vite il renonça pour se consacrer à l’écriture. Collaborateur de plusieurs journaux, il se fait surtout connaître par des livres de vulgarisation astronomique et d’autres aux thèses audacieuses comme La Pluralité des mondes habités. Son Astronomie populaire sera éditée plus de 25 fois ! Après la fondation de la SAF, en 1887, il lui consacre une grande part de son temps et jouit d’une renommée immense dans le monde des astronomes et aussi dans les médias de l’époque.
Si aucun des deux fondateurs ne peut revendiquer une place au panthéon des découvreurs en astronomie, ils furent l’un et l’autre de solides promoteurs de la science astronomique et ils ont engendré des générations d’astronomes qu’ils ont su enchanter avec leurs écrits.
Holden quittera l’observatoire Lick et son statut d’administrateur de l’ASP en 1897, tandis que C. Flammarion demeurera secrétaire général de la SAF jusqu’à son décès, en 1925.
Dans la liste des sociétés correspondantes de la SAF publiée chaque mois dans le bulletin de la SAF, l’ASP figure dès 1889. Les deux fondateurs se sont donc très vite connus et on peut supposer qu’ils ont eu quelques relations épistolaires. Les archives du Fonds Flammarion, à Juvisy, ont en effet livré quelques lettres signées E. Holden et adressées à C. Flammarion, de 1889 jusqu’en 1897. (Remerciements à Laurence Mayeur pour cette recherche). Les propos ne concernent pas du tout l’organisation de l’association ou les activités associatives, mais il s’agit de questions d’ordre astronomique portant sur des découvertes en cours. Ainsi, le 8 août 1892, au sujet de l’observation de Mars : « My Dear M. Flammarion…. We are finding remarkable changes in the polar cap…. there are several regions very different now from M. Schiaparelli’s map of 1888… » et il lui promet de lui envoyer des dessins quand les observations seront terminées. Dans plusieurs de ses courriers E. Holden demande à C. Flammarion d’effectuer des rectificatifs pour des informations publiées dans l’Astronomie. Contrairement à Flammarion, Holden est assez sceptique sur les possibilités de la vie sur Mars. Dans une lettre du 22 juin 1894, Holden suggère à C. Flammarion de ne pas être seulement « pour », mais aussi de rassembler des arguments « contre » !

Une association dynamique, fidèle à sa mission
En 1989, à l’occasion de son centième anniversaire et sous la présidence de Frank Drake (l’inventeur de la fameuse équation qui porte son nom), l’ASP a organisé un grand meeting national à l’Université de Californie, Berkeley, auquel prirent part de nombreuses personnalités, dont le célébrissime Carl Sagan. Cet anniversaire donna lieu à des messages de félicitations venant des plus hautes autorités, le président des États-Unis et le gouverneur de Californie. Ainsi, la petite association créée par une poignée de passionnés est devenue en un siècle une « institution » nationale dont les actions de diffusion de la science astronomique auprès du grand public et auprès des jeunes générations sont largement reconnues et appréciées. Une rétrospective de la vie de l’association durant le siècle écoulé est parue dans une édition spéciale de son magazine, Mercury, sous la plume de Katherine Bracher, et ce texte est une source précieuse pour découvrir l’association plus que centenaire aujourd’hui.
Maintenir l’équilibre entre les astronomes amateurs, les passionnés d’astronomie et les astronomes professionnels dans les meetings et dans les publications ne fut pas toujours facile. Dans les premières années, la place donnée aux professionnels était prédominante par rapport à celle des amateurs. Lorsque, en 1897, E. Holden se retira de l’observatoire Lick et de l’ASP, l’association sortit de sa coquille californienne et occupa une position plus nationale, recrutant des adhérents dans tous les USA et aussi à l’étranger. Cependant, l’administration de l’association demeura longtemps aux seules mains d’astronomes professionnels. L’admission d’un astronome amateur dans le Bureau de l’association ne fut décidée qu’en 1951, lorsqu’un groupe d’astronomes amateurs, WAA (western amateurs astronomers), issu de la « ligue astronomique » qui regroupait de nombreuses associations d’amateurs, rejoignit l’ASP. À partir de cette date, la collaboration avec les amateurs dans les publications, dans les meetings et aussi dans les travaux de recherche (étoiles variables, taches solaires, observation de comètes et novæ, etc.) devint très notable et fructueuse.
L’équilibre financier de l’ASP, vital comme pour toute association, fut un objectif permanent à atteindre. Tout au long du XXe siècle, des problèmes financiers se posèrent de façon récurrente : les cotisations des adhérents, en nombre pas toujours suffisant, avaient du mal à couvrir les frais engagés en particulier pour les publications. Il fallait alors, faire une campagne pour recruter de nouveaux cotisants et aussi, lancer des appels à dons. C’est ce qu’entreprit en 1903, Charles Cushing, qui fut durant 45 ans un membre très actif de l’ASP dont il fut deux fois le président.
Le tremblement de terre de San Francisco en 1906 toucha sérieusement l’association qui perdit alors dans un incendie sa bibliothèque et la plus grande partie de sa documentation. Cette bibliothèque, la « Montgomery library », du nom du philanthrope qui en avait permis sa constitution, contenait pas moins de 1350 ouvrages, en 1906. Un appel à dons fut lancé, et entendu, ce qui permit à l’ASP d’être hébergé dans un nouveau local dès 1909 et de reconstituer sa bibliothèque.
Le nombre des adhérents stagna pendant longtemps, et ne dépassa 1000 qu’au milieu du XXe siècle. Cependant, de généreux donateurs permirent des actions ponctuelles, ou durables, contribuant à l’accroissement du rayonnement de l’ASP. Ainsi, en 1916, l’ASP reçut d’Adolfo Stahl, un don destiné à l’organisation de conférences publiques. Celles-ci étaient prononcées par des astronomes de grande réputation et connurent un grand succès. Par exemple, en 1924, une conférence sur le thème de « Vie ou pas sur Mars », rassembla 1200 personnes ! Beaucoup plus tard, en 1988, les textes de ces conférences furent édités.

Les publications de l’ASP
Une des grandes forces permanentes de l’ASP, a été son activité de publication. Dès 1889, il fut envisagé de publier un bulletin de liaison où tous les membres pourraient s’exprimer, les astronomes amateurs raconter leurs expériences, les professionnels présenter leurs travaux, etc. Très vite appelée PASP (Publication de l’ASP), cette publication bimestrielle devint mensuelle à partir de 1983 ; elle fut toujours largement diffusée dans le milieu de l’astronomie professionnelle, dans les différents observatoires et sociétés d’astronomie. Les PASP existent toujours et se consacrent aujourd’hui essentiellement aux travaux de recherche contemporaine, théorique ou instrumentale, aux comptes rendus de colloques, aux présentations de thèses et mémoires. Éditées depuis 1889 par les presses de l’Université de Chicago, les PASP comptaient 3000 lecteurs en 2009 ! Depuis 2016, les PASP sont disponibles en ligne.
Le niveau élevé des articles des PASP imposa, après une trentaine d’années de leur existence, d’autres publications accessibles à un plus large public. Ainsi, en 1925, apparurent les Leaflets feuillets au format d’une poche, destinés à « populariser » l’astronomie et faire connaître les grandes découvertes grâce à des articles écrits en langage simple. Des astronomes aussi prestigieux que Edward Hubble, Harlow Shapley ou Clyde Tombaugh, le découvreur de Pluton, y écrivirent des articles sur leurs travaux.
Ces feuillets disparurent en 1971 et furent remplacés par Mercury, the journal of the Astronomical Society of the Pacific, une revue bimestrielle que l’on a pu comparer à l’Astronomie de la Société astronomique de France, quoiqu’elle a toujours été beaucoup moins volumineuse que la revue française.

Le nom Mercury a été choisi parce que, dans la mythologie romaine, Mercure est le messager des dieux.
Le sceau de l’ASP comporte d’ailleurs une représentation de ce dieu.

Le nom a été choisi parce que, dans la mythologie romaine, Mercure est le messager des dieux. Le sceau de l’ASP comporte d’ailleurs une représentation de ce dieu. Assez vite, il fallut trouver le bon équilibre entre la diffusion de l’actualité astronomique, très riche et embellie par les images envoyées par les premières sondes spatiales, et l’entretien du lien avec les membres de l’ASP, dont les cotisations étaient indispensables pour aider à combler le trou financier créé par les frais liés à l’impression et à l’expédition de la revue. Pour équilibrer le budget, le président Burbidge dut, en 1977, imposer un plan de réduction du nombre de salariés à la rédaction et des modifications dans la revue. Et l’équilibre budgétaire fut retrouvé !
On peut s’amuser à comparer les prix de vente, à la fin du XXe siècle, pour Mercury et pour l’Astronomie : le numéro nov-déc 1997 de Mercury (édition monochrome, 35 pages) coûtait 3 $ ; à la même date, l’Astronomie (édition mixte monochrome et polychrome, 60 pages) coûtait 35 francs (soit environ 6 $). On constate une similitude des tarifs pour ces deux revues.
Mais depuis 2007, les voies suivies sont différentes : l’édition papier de Mercury a été supprimée et le magazine, dorénavant trimestriel, est en numérique accessible seulement aux adhérents ASP, tandis que l’Astronomie depuis 2008 est un magazine en kiosque donc proposé à un public nouveau et plus large, indépendamment de l’adhésion à la SAF.
À partir des années 70, l’ASP s’est beaucoup mobilisée pour apporter aux éducateurs et enseignants d’astronomie une aide concrète. Ainsi, à partir de 1978, la société entreprit la création d’un catalogue (ASP catalog) regroupant les références d’ouvrages d’astronomie et de documents pédagogiques comme des séries de diapositives ou des kits de modèles astronomiques. Ce catalogue rencontra un énorme succès.
Par ailleurs, en 1984, en prévision du prochain retour de la comète de Halley, fut créée une revue destinée spécialement aux enseignants, Universe in the classroom.
Avec un tirage de 20 000 exemplaires, ce journal était largement diffusé, y compris à l’étranger, en langue espagnole. Cette newsletter est maintenant seulement disponible en ligne et comporte 3 numéros par an (printemps, automne, hiver). Aujourd’hui, le web est un moyen de communication largement utilisé par l’ASP pour la diffusion des informations et les échanges.
L’éclipse de Soleil de 2017, largement observable aux États-Unis, fut une occasion pour l’ASP de multiplier la diffusion de documents théoriques et pratiques auprès de la population et en particulier des clubs d’astronomie. Selon l’ASP 2017 anual report, l’association estime avoir atteint ainsi plus de 160 000 personnes.
Pour compléter la liste des publications de l’ASP, on peut citer les Conferences series (ASPCS) qui reproduisent des Actes de colloques et ateliers, des thèses de doctorat, etc. Depuis 2005, ces documents sont accessibles sur Internet. Et destinés aux professionnels.

Récompenses et médailles
Dans ce domaine, la ressemblance avec la SAF est tout à fait remarquable. Ces deux associations, bien souvent tributaires de généreux donateurs, ont trouvé dans l’institution de prix, une manière élégante de remercier ces derniers, car le fondateur du prix aura son nom gravé in aeternam et ne sera pas oublié. L’association peut ainsi octroyer des récompenses pour remercier ou féliciter des personnes méritantes en leur attribuant l’un de ses prix. La SAF distribue ainsi chaque année de 8 à 10 médailles associées à des prix, dont le prestigieux prix Janssen, prix international, du nom d’un grand astronome français. Pour l’ASP le nombre de récipiendaires annuel est sensiblement équivalent. Le prix le plus prestigieux, institué en 1898, porte le nom d’une richissime Américaine, philanthrope et passionnée d’astronomie, Miss Catherine Wolfe Bruce. La médaille Bruce, en or, est attribuée chaque année à un astronome professionnel, américain ou étranger, dont les travaux en astrophysique sont particulièrement remarquables. Des astronomes très célèbres comme H. Shapley, A. Eddington, H. Russel, E. Hubble, J. Oort ou F. Whipple font partie de la longue liste des médaillés Bruce, en compagnie des Français Henri Poincaré, Henri Deslandres, Benjamin Baillaud et Bernard Lyot.

La médaille Bruce fut gravée par M. Alphée Dubois et frappée par la Monnaie de Paris, grâce à une intervention de Camille Flammarion. Le motif au recto de la médaille est « Mercure portant le caducée et voguant vers les étoiles ».

Le premier prix institué par l’ASP, en juillet 1889, fut la « Comet Medal Donahe », du nom de son fondateur, et elle était destinée à récompenser les découvreurs de comètes. La gravure de cette médaille, en bronze, fut également effectuée à Paris. Elle fut remise 250 fois, puis on cessa vu le très grand nombre de comètes découvertes !
En commun avec la SAF, le « prix Dorothea Klumpke-Isaac Roberts », dit plus courtement « prix Klumpke-Roberts » est institué à l’ASP en 1974. Le premier récipiendaire en fût Carl Sagan. Un prix très apprécié des astronomes amateurs, créé en 1979, est le « Amateur Achievement Award) » qui est accompagné d’une remise de 500 $. Le « Muhlmann Prize », institué en 1983, est destiné à récompenser des astronomes professionnels ayant fait des travaux remarquables à l’observatoire Mauna Kea, à Hawaï ; les premiers récipiendaires en furent Monique et François Spite, astronomes français, pour leur découverte de l’abondance du lithium dans les vieilles étoiles avec le télescope franco-canadien de 3,6 m à Hawaï.

L’ASP au XXIe siècle
La venue des visiteurs SAF au siège de l’ASP, au cœur de l’été 2017, leur a permis de mesurer la très grande activité et aussi la diversité des actions de l’association. Les étagères remplies d’ouvrages et de publications depuis les origines de l’association, les dépôts de matériels divers destinés à être fournis aux clubs d’astronomie, aux associations et aux écoles, les bureaux pour l’administration, les espaces pour travailler, accueillir et échanger… tout cela respire un très grand dynamisme et une adaptation aux techniques nouvelles de gestion et d’information. La Société, déclarée sans but lucratif à sa fondation, est devenue en un siècle une énorme institution. Le budget de l’ASP, communiqué dans les rapports annuels, est considérable (comparé à celui de la SAF), car les actions sont multiples et de grande envergure financière. Son administration est conséquente : le Conseil d’administration est constitué de 6 dirigeants et de 13 membres, ayant chacun une spécificité ; le Conseil consultatif est constitué de 24 membres désignés et dont le mandat est de trois ans : ils sont d’anciens membres du Conseil d’administration, des personnalités amies de l’ASP, des astronomes professionnels, des personnes leaders dans le domaine de l’éducation et des responsables d’associations d’astronomie. L’ASP emploie de nombreux salariés pour gérer ses différentes activités. Depuis 1971, ce personnel est coiffé par un directeur exécutif, nommé pour une durée de 4 ans en général et dont la tâche est évidemment très lourde.
Depuis la fondation de l’ASP, son meeting annuel (ASP annual meeting) est un moment fort pour l’association. La durée de ces rencontres, le lieu choisi et aussi le type d’événementiel ont varié au cours du temps, mais la tradition perdure encore aujourd’hui. En 2018, le meeting de l’ASP s’est tenu du 10 au 13 septembre, à Sonoma Wine country, en Californie. Au programme : des conférences, des ateliers, des posters, des spectacles et d’autres activités ludiques. Le thème, en 2018 portait largement sur l’éducation et la sensibilisation du public à l’astronomie, avec en particulier l’utilisation des technologies du numérique et la communication par le web.
Faute de pouvoir énumérer les nombreuses actions lancées par l’ASP ces dernières années, nous invitons le lecteur à se rendre sur le site : https://www.astrosociety.org/education/programs/
L’objectif de rapprocher le citoyen, et en particulier la jeunesse, de la science astronomique est une dominante aujourd’hui pour l’ASP !

En conclusion
Si le nombre des adhérents de l’ASP et les activités prévues pour ses seuls adhérents demeurent modestes, c’est pour la société en général, et pour la jeunesse en particulier, que les actions de l’ASP ont pris une ampleur considérable qui font d’elle, indiscutablement, une des plus grandes associations d’astronomie en Amérique et au-delà.
La comparaison entre l’ASP et la SAF est significative sur certains points, mais elle ne peut s’étendre aux champs d’action et aux aspects organisationnels. En France, la diffusion des connaissances en astronomie a trouvé au XXe siècle d’autres voies, par la création d’associations différentes. Ainsi, aujourd’hui une association comme le CLEA (Comité liaison enseignants astronomes) est dominante pour les aspects pédagogiques et la diffusion des connaissances dans le monde de l’école (du primaire au supérieur). D’autres associations, comme l’Afa, jouent un rôle majeur auprès des associations et des clubs d’astronomes amateurs. L’association SF2A, regroupe des astronomes professionnels et assure par ses colloques et ses publications le rôle de diffuseur de la science pointue. La SAF entretient d’excellentes relations avec ces autres structures associatives et elle partage souvent avec elles des activités. Mais elle garde son authenticité avec l’offre aux adhérents d’enrichir leurs connaissances grâce aux cours, aux conférences et aux Commissions, avec la richesse de ses publications, avec la pratique de l’astronomie d’amateur par les Rencontres annuelles AstroCiel et aussi par l’organisation d’activités occasionnelles en fonction de l’actualité astronomique, comme lors d’éclipses par exemple.
SAF et ASP ont des organisations différentes, mais le même objectif, celui qu’exprime la devise qui apparaît sur le site web de l’ASP : « Advancing Science Literacy Through Astronomy » qui peut se traduire « Faire avancer l’apprentissage de la science par l’astronomie », et qui se rapproche de celle que lançait en 1887 le fondateur de la Société astronomique de France.

L'Astronomie est édité par la
Société astronomique de France
3 rue Beethoven - 75016 PARIS

 

Fondée en 1887
Reconnue d'utilité publique en 1897
Agréée association nationale de jeunesse
et d'éducation populaire

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